Vers quels infinis sonores ?
La promesse initiale du streaming portait l’idée d’un “Internet de la musique”, espace de libres rencontres et de surprises sonores. Vingt ans plus tard, la réalité se brouille : si chaque artiste a une chance de publier au monde sa création, l’accès cognitif pour l’auditeur s’est paradoxalement restreint dans des bulles algorithmiques, saturées d’offres, où la nouveauté se noie souvent dans la masse.
Les plateformes n’ont pas enterré la découverte, mais en ont déplacé les règles : celle-ci se joue davantage sur des interstices — communautaires, sociaux ou technologiques — qu’au cœur des puissances dominantes. Le streaming de 2024, c’est la coexistence de deux mondes : archipels secrets pour diggers obstinés, et océan de conformisme programmé.
Pour qui veut trouver autre chose que l’évidence, la quête continue. Surf sur Bandcamp, plongée dans les playlists de niche, immersion dans les clubs locaux ou dans les réseaux Discord… La découverte indé n’est pas morte : elle s’est simplement transfigurée, insaisissable et irrésolue.