Lignes de fuite : quand la création se pense en archipel
Le chaos sonore berlinois ne tient que par la force discrète de ces réseaux. Ils n’apparaissent pas dans les guides touristiques ni sur les playlists algorithmiques, mais ils irriguent les veines d’une ville marquée par la précarité et l’accélération technologique.
À l’heure où la création indépendante fait face à l’étau financier du streaming – en Allemagne, en 2023, près de 80% des revenus de la musique provenaient du streaming, selon l’IFPI – c’est dans la polyphonie radicale de ces communautés que peut s’inventer un avenir autre. À Berlin, “underground” s’écrit toujours au pluriel, refusant la nostalgie du passé, pour tisser, dans les interstices, l’utopie sonore à venir.