Musique et IA : une union déjà bien entamée
On ne parle plus d’une utopie distante. Depuis quelques années, des plateformes et des logiciels d’intelligence artificielle réinventent le rôle des créateurs dans le processus musical. Des outils comme AIVA (Artificial Intelligence Virtual Artist) permettent de générer des compositions intégrales en quelques clics. Un exemple ? La start-up Amper Music a, dès 2017, donné naissance à des bandes-son réalisées par IA, adaptables en style, tempo ou mood.
D’après Spotify, près de 60 000 nouvelles chansons sont publiées chaque jour sur leurs serveurs (chiffres de 2021). Parmi elles, de plus en plus de productions participent à un processus automatisé, produit par ou en collaboration avec des logiciels d’IA. Ces outils se nourrissent d'apprentissages sur des millions de chansons, imitent des styles et produisent des morceaux cohérents. En streaming, certaines playlists de "musique d’ambiance" pourraient déjà contenir de la musique 100% générée par IA, et l’utilisateur moyen n’y verrait sans doute que du feu.
Des albums d’IA : ficelle créative ou menace à l’authenticité ?
L’un des exemples récents les plus frappants, c’est Endel, une application appuyée par Warner Music. Ce logiciel génère de la musique "fonctionnelle", pensée pour des contextes comme la concentration ou le sommeil. Endel ne parle pas de "composition", mais tisse le son comme un algorithme tisse des comportements statistiques.
Mais les expérimentations de l’IA dans la musique ne s’arrêtent pas à l’utilitaire. En 2020, l’album "Hello World" du collectif SKYGGE (projet mené par le Français Benoît Carré) a vu le jour, porté par des mélodies et des structures co-écrites entre humains et machines. L’écho d’un nouvel horizon ? Sans doute. Mais si certains saluent un outil au service de la créativité, d'autres s'inquiètent : jusqu’où l'art peut-il se conjuguer avec des corpus de données impersonnelles sans perdre son âme ?