L’intelligence artificielle au service de la manipulation sonore
Mais quand l’IA ne se contente plus d’aiguiller nos choix, et commence à créer, toute la chaîne de valeur de la musique se retrouve bouleversée.
Les artistes virtuels et la montée des compositions automatisées
Aux confins de Los Angeles, quelque part entre une start-up et un laboratoire d’avant-garde, l’entreprise Amper Music développe depuis quelques années des logiciels capables de générer des compositions musicales entières, sans intervention humaine. Ce n’est pas un cas isolé : des outils comme AIVA ou Jukebox d’OpenAI sont capables de produire des morceaux imitant des genres, des époques, ou même des artistes spécifiques.
Et les « artistes virtuels » sont déjà là. En 2021, FN Meka, un rappeur IA généré par la société Factory New, a récolté des millions de streams... avant que la controverse sur les implications éthiques et culturelles ne l’éclabousse. L’engouement (et le rejet) éphémère de ce type de projet pose une question cruciale : quelle valeur reste-t-il à une musique dénuée de trajectoire humaine ?
Le streaming comme espace de domination de l'IA
Quand Spotify investit lourdement dans l'acquisition d'entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle comme Sonalytic, ce n'est pas pour peaufiner des détails. Ces programmes rapides et ultra-optimisés pourraient réduire les délais de commercialisation, ajuster en temps réel les playlists en fonction de l’humeur collective, et enrichir la bulle d’écoute autour des utilisateurs. Mais à quel coût ? Les initiatives de l’IA s’appuient souvent sur des ressources existantes, réutilisées sans consentement explicite des artistes, ce qui interroge sur les droits d’auteur ou sur l’exploitation abusive des créateurs.